Réagir en cas d’accident du travail : obligations de l’employeur
La survenance d’un accident du travail impose à l’employeur plusieurs démarches : déclaration dans les délais, analyse des circonstances, mesures de prévention et maintien des droits du salarié, notamment en matière d’indemnités journalières et de complément employeur. Cette fiche présente les notions à connaître pour sécuriser la procédure et garantir la protection du salarié.
Distinguer accident du travail et accident de trajet
L'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail est considéré comme accident du travail . L’employeur peut cependant prouver qu’il n’y a pas de lien entre l’accident et le travail et lever cette présomption .
Un accident ne peut être qualifié d’ accident du travail que s’il répond à certaines conditions qui doivent être réunies :
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Il est rattaché à un événement soudain et qui peut être daté avec précision (par exemple, en transportant un carton, un salarié trébuche sur un câble et se tord la cheville)
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Il entraîne une lésion , physique ou psychologique (peu importe la gravité).
Un accident de trajet survient quant à lui entre le lieu de travail et le lieu habituel de résidence du salarié. Un accident survenu entre le lieu de travail et le lieu de restauration habituel du salarié constitue également un accident de trajet.
Les accidents de trajet sont pris en charge par la sécurité sociale et indemnisés comme les accidents du travail, auxquels ils sont assimilés.
L’employeur doit effectuer les mêmes déclarations et démarches.
À noter
Un accident du travail impacte le taux de cotisation AT/MP , alors qu’un accident de trajet n’a aucune incidence sur le taux appliqué à l’entreprise.
Pour en savoir plus sur ces 2 notions, consultez les fiches spécifiques accident du travail et accident de trajet .
Déclarer l’accident à la CPAM ou à la MSA
L’employeur est généralement informé de l’accident survenu à l’occasion du travail par le salarié qui en est victime (mais toute autre personne compétente, un collègue par exemple, peut s’en charger s’il ne peut informer lui-même son employeur). L’employeur doit être prévenu dans la journée ou au plus tard dans les 24 heures qui suivent, sauf en cas de force majeure , d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes.
Dès qu’il a connaissance d’un accident du travail , l’employeur doit procéder à une déclaration d’accident du travail (DAT).
Cette déclaration doit être faite pour l’ensemble de ses salariés, quel que soit leur lieu d’activité (télétravail, déplacements, ...) ou la nature de leur contrat ( CDI , CDD , apprentissage, ...).
À savoir
L’employeur doit envoyer la déclaration d’accident du travail à l’organisme de sécurité sociale dont il dépend quelle que soit son interprétation des causes de l'accident .
Il pourra tout de même formuler des réserves (des remarques argumentées sur le caractère professionnel ou non de l'accident).
Modalités de déclaration
La déclaration d’accident du travail (DAT) s’effectue auprès de la CPAM ou de la MSA . Elle doit être réalisée par l’employeur dans les 48 heures (sans compter le dimanche et les jours fériés), en ligne ou par courrier.
La déclaration d’accident du travail peut être effectuée en ligne, via le compte entreprise sur net-entreprises.fr :
Services en ligne et formulaires
Un formulaire est à remplir et à adresser par lettre recommandée avec accusé de réception à la CPAM ou à la MSA :
Services en ligne et formulaires
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Déclarer un accident du travail ou de trajet Cerfa n°14463*03 (ex-60-3682)
Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam)
Où s'informer ?
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Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM)
Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam)
Où s'informer ?
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Mutualité sociale agricole (MSA)
Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (MSA)
Dès réception de la déclaration d'accident et du certificat médical qui décrit les lésions, la CPAM ou la MSA doit se prononcer sur le caractère professionnel ou non professionnel de l’accident .
À savoir
Si l'accident concerne un élève ou étudiant qui effectue un stage en entreprise, l'organisme d'accueil du stagiaire doit procéder à la déclaration d'accident de travail (DAT) et en adresser une copie sans délai à l'établissement d'enseignement.
Si l’accident concerne un intérimaire et qu’il a eu lieu dans l’entreprise d’accueil, celle-ci doit informer l’agence d’intérim par le biais d’un formulaire spécifique . L’entreprise doit également informer le service de prévention de la Carsat , ainsi que l’inspection du travail.
À savoir
Si l’employeur ne déclare pas l’accident du travail, le salarié (ou l’un de ses ayants droit ) dispose d’un délai de 2 ans pour effectuer lui‑même cette déclaration.
Sanctions
L’absence de déclaration ou une déclaration hors délai est passible d'une amende (au maximum 750 € pour une personne physique et 3 750 € pour une personne morale ).
Informer l’inspection du travail en cas d’accident mortel
L’employeur doit informer l’ inspection du travail dans un délai maximal de 12 heures après le décès d’un salarié survenu à la suite d’un accident du travail ou de trajet. Cette information doît être effectuée par tout moyen permettant de prouver la date d’envoi (mail, lettre RAR ).
L’information transmise à l’inspection du travail comporte les éléments suivants :
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Nom ou raison sociale, adresses postale et électronique et coordonnées téléphoniques de l’entreprise ou de l’établissement qui emploie le travailleur au moment de l’accident et de l'entreprise ou de l’établissement dans lequel l’accident s’est produit, si celui-ci est différent de l’entreprise ou établissement employeur
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Nom, prénom et date de naissance de la victime
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Date, heure, lieu et circonstances de l’accident
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Identités et coordonnées des témoins, le cas échéant.
Le non-respect de cette obligation est passible d'une amende ( 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale ).
À savoir
Même en l’absence d’accident mortel l’inspecteur du travail est systématiquement informé de toutes les déclarations d’accidents du travail par la caisse d’assurance maladie.
Il peut mener une enquête en se rendant sur place pour analyser les circonstances de l’accident. Selon la situation, l’enquête pourra conduire à un rappel des règles de santé et de sécurité au travail ou à des poursuites, si des manquements de l’employeur à son obligation générale de santé et de sécurité sont constatés (absence de mesures de prévention des risques, déficit de formation ou d’information du salarié par exemple).
Émettre des réserves sur le caractère professionnel de l'accident du travail
L’employeur peut exprimer des réserves , qui doivent être motivées , auprès de la caisse d’assurance maladie, s’il a des doutes sur le caractère professionnel de l’accident (par exemple : l'accident n'est pas survenu pendant ou à l'occasion du travail).
Il peut le faire soit au moment de la déclaration , soit par lettre RAR dans un délai maximum de 10 jours après cette déclaration.
L’organisme de sécurité sociale (la CPAM ou la MSA) se charge de vérifier les éléments transmis et réalise si nécessaire des investigations contradictoires (c’est-à-dire impliquant l’employeur et le salarié) avant de se prononcer sur le caractère professionnel ou non de l’accident.
À savoir
La caisse de sécurité sociale peut mettre en place un questionnaire et inviter l’employeur, le salarié et d’éventuels témoins, à y répondre.
Ce Questionnaire Risques Professionnels (QRP) est désormais intégré au bouquet de services du Compte entreprise sur Net-entreprises.
Pour pouvoir accéder à un questionnaire, l’employeur doit être habilité au service « DAT : Déclaration d’accident de travail ou de trajet ».
Un Guide est mis à disposition afin d’aider les entreprises à s’approprier cette procédure :
Pour en savoir plus
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Questionnaire Risques Professionnels (QRP)
Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam)
L’organisme de sécurité sociale (CPAM ou MSA) notifie sa décision à l’employeur et au salarié par courrier. Cette décision précise les possibilités de recours.
Remettre au salarié la feuille d’accident permettant la prise en charge des soins et frais médicaux
L’employeur doit remettre au salarié victime de l’accident une feuille d'accident, qui doit lui permettre d’obtenir la prise en charge intégrale des soins liés à l’accident, sans avance de frais.
Services en ligne et formulaires
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Feuille d’accident du travail ou de maladie professionnelle Cerfa n°11383*02
Ameli.fr
Transmettre une attestation de salaire à l’organisme de sécurité sociale
L’employeur doit établir une attestation de salaire et l’adresser à l’organisme de sécurité sociale. C'est sur la base de cette attestation que l'assurance maladie calcule et verse les indemnités journalières au salarié, ou à l'employeur en cas de subrogation .
Pour les employeurs soumis à la DSN , les éléments nécessaires à l’examen des droits du salarié aux indemnités journalières et au calcul de leur montant sont transmis automatiquement via le logiciel de paie qui alimente leur DSN mensuelle.
Services en ligne et formulaires
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Déclaration sociale nominative (DSN)
Net-entreprises-GIP Modernisation des déclarations sociales
Informer le CSE
Si l’entreprise est dotée d’un comité social et économique (CSE), l’employeur l’informe par tout moyen de l’accident survenu dans l’entreprise.
Le CSE peut décider de mener une enquête afin de déterminer les causes de l’accident.
Dans les entreprises de 50 salariés et plus, le CSE dispose de prérogatives renforcées en matière de prévention et d’analyse des accidents du travail. Par exemple :
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Tenue d’un réunion, à la suite de tout accident ayant entraîné ou ayant pu entraîner des conséquences graves
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Possibilité de recourir à un expert habilité en cas de risque grave, identifié et actuel constaté dans l'établissement.
Prendre les mesures nécessaires pour éviter un nouvel accident
L’employeur doit analyser en détail les circonstances de l’accident et définir des actions de prévention et de corrections afin d’éviter qu’un nouvel accident ne se reproduise.
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) met des informations à la disposition des employeurs afin de les aider dans cette démarche :
Pour en savoir plus
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Analyse des accidents du travail
Institut national de recherche et de sécurité (INRS)
Pour en savoir plus
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Agir suite à un accident du travail
Institut national de recherche et de sécurité (INRS)
Mettre à jour le document unique d’évaluation des risques
Un accident du travail constitue une information nouvelle sur un risque et impose à l’employeur la mise à jour du DUERP .
Gérer la suspension du contrat de travail
Lorsqu’un accident du travail entraîne un arrêt, le contrat de travail est suspendu dès la date de début de l’arrêt de travail.
La rémunération du salarié est assurée par les indemnités journalières de la Sécurité sociale et , sous conditions , par un complément versé par l’employeur .
Le salarié bénéficie par ailleurs d’une protection contre le licenciement : la rupture du contrat n’est possible qu’en cas de faute grave ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’accident (la cessation totale et définitive de l’activité de l’entreprise par exemple).
À la fin de l’arrêt de travail, le salarié ne doit pas néssairement passer une visite médicale. Toutefois, l’employeur doit organiser une visite de reprise si le salarié a été absent au moins 30 jours pour accident professionnel .
Lorsque l’état de santé, physique ou mental, d’un salarié ne lui permet plus d’occuper son poste, le médecin du travail peut émettre un avis d’ inaptitude . Cet avis oblige alors l’employeur à rechercher un poste de reclassement compatible avec l’état de santé du salarié. Si aucun poste adapté n’est disponible, ou si le salarié refuse la proposition, l’employeur pourra engager une procédure de licenciement.
À savoir
La période de suspension ne prolonge pas la durée du CDD .
Et aussi sur service-public.fr
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Cotisations sociales accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP)
Ressources humaines -
Accident du travail : indemnités journalières pendant l'arrêt de travail
Travail - Formation -
Accident du travail : reprise du travail du salarié
Travail - Formation -
Inaptitude au travail du salarié suite à un accident du travail
Travail - Formation
Textes de référence
- Code de la sécurité sociale : articles L411-1 et L411-2
Définitions : accident du travail et accident de trajet - Code de la sécurité sociale : article L412-4
Démarches si l’accident du travail concerne un travailleur temporaire - Code de la sécurité sociale : articles L412-8 et L412-9
Démarches si l’accident du travail concerne un stagiaire - Code de la sécurité sociale : articles L433-1 à L433-4
Indemnisation par la CPAM (principes généraux) - Code de la sécurité sociale : articles L441-1 à L441-6
Démarches en cas d’accident du travail - Code de la sécurité sociale : article R441-4
Attestation de salaire - Code de la sécurité sociale : article R441-6
Réserves de l'employeur - Code de la sécurité sociale : article R441-11
Feuille d'accident nécessaire à l'indemnisation - Code de la sécurité sociale : article R471-3
Sanctions en cas de non déclaration - Code du travail : articles L1226-7 à L1226-9-1
Conséquences sur le contrat de travail - Code du travail : article L1226-19
Terme du CDD en cas de suspension pour accident du travail - Code de la sécurité sociale : article L2312-5
Enquêtes en matière d'accidents du travail (entreprises de moins de 50 salariés) - Code du travail : article L2312-13
Enquêtes en matière d'accidents du travail (entreprises d’au moins 50 salariés) - Code du travail : article L2315-27
Réunions dans les entreprises d’au moins 50 salariés - Code du travail : article L2315-94
Recours à un expert habilité dans les entreprises d’au moins 50 salariés - Code du travail : articles R4121-1 à R4121-4
Document unique d'évaluation des risques - Code du travail : article R4121-5
Information de l'inspection du travail en cas d’accident mortel - Code du travail : article R4741-2
Sanction en cas de non respect de cette obligation d'information - Code du travail : articles L1226-1 et L1226-1-1
Indemnités versées par l'employeur (bénéficiaires) - Code du travail : article R4624-31
Visite de reprise
Services en ligne et formulaires
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Déclaration d'accident du travail ou de trajet (DAT) en ligne
Urssaf -
Déclarer un accident du travail ou de trajet Cerfa n°14463*03 (ex-60-3682)
Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) -
Feuille d’accident du travail ou de maladie professionnelle Cerfa n°11383*02
Ameli.fr -
Déclaration sociale nominative (DSN)
Net-entreprises-GIP Modernisation des déclarations sociales
Pour en savoir plus
-
Questionnaire Risques Professionnels (QRP)
Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) -
Analyse des accidents du travail
Institut national de recherche et de sécurité (INRS) -
Agir suite à un accident du travail
Institut national de recherche et de sécurité (INRS)